Après le discours et la fin du monde on avait décroché la photo de papy.
Tout le monde, ou presque avait travaillé sérieusement à son dérèglement volontaire des sens et la fête battait son plein.

Chacun était venu avec son kung fu perso, ou son absence kung fu, chacun repartait avec un peu des techniques des autres, créant ainsi nouvelle forme un peu fluette de self défense contre la notion de réalité, contre la fiction collective, le consensus gluant et les bâtards médiatiques.

Ca roupait plutôt fermement vers la fin de la troisième journée, Igor et Nicolaï avaient disparus dans la forêt depuis une dizaine d'heures, on ne comptait plus les crises mystiques et les copulants politiques. Dans le dojo on pratiquait la bonne vieille magie chantante du monde.

Dehors, dans les Bois Humides et Sauvages, tous les animaux sauvages s'assemblèrent là où ils pouvaient voir la lumière du feu à grande distance et ils se demandèrent ce que cela signifiait. Le tigre au nom stupide, Pit Pat, perdu dans un furieux dialogue intérieur lorgnait sur le postérieur des danseurs ivres.

Alors il partit dans les Bois Humides et Sauvages ou dans les Arbres Humides et Sauvages ou bien sur les Toits Humides et Sauvages, en agitant sa queue sauvage et en s'en allant solitaire et sauvage.

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